AVOIR LA PEUR AU VENTRE (Partie 1 : Un tour au cœur de notre système digestif)






Comme vous avez pu le lire, je suis atteinte du syndrome du côlon irritable. En réalité, je suis loin d’être la seule, malheureusement beaucoup d’entre nous ne le savent pas. Je me suis donc un peu plongée dans mes recherches pour savoir un peu comment fonctionnait l’appareil digestif d’une personne normal et d’une personne SII, ce qu’était réellement cette maladie et quelles étaient les solutions pour diminuer les maux. Je souhaite vous faire partager tout ça pour que vous puissiez vous aussi comprendre que ce soit pour vous et pour votre entourage.

La première chose à savoir – et certainement la plus importante – est que le système digestif est directement lié aux systèmes immunitaires, nerveux et hormonal (donc lié à notre personnalité, à notre sommeil, nos préférences alimentaires, nos cycles menstruels…).

En fait, le système digestif est un long tube auquel sont connectés certains organes. Ces derniers servent à déverser les sucs digestifs et d’autres substances pour transformer la nourriture. Ces organes sont le foie, le pancréas et la vésicule biliaire. Mais aussi l’estomac – qui n’est pas vraiment un organe, mais plutôt une poche qui sert à la première étape de la digestion. Cette poche mesure 10 mètres de long quant à l’intestin, il mesure entre 3 et 6 mètres en fonction de votre taille. Tout au long de ce tube, on trouve des villosités qui permettent d’absorber les nutriments des aliments.

La microbiote est l’ensemble des bactéries qui constituent la flore intestinale (elle pèse 2KG) mais il faut savoir que différents micro-organismes y vivent comme des virus, des champignons et des levures qui peuvent être soit pathogène ou saprophyte (amies). La plupart de notre microbiote se trouve dans notre côlon, elle varie en fonction d’un individu à l’autre ; de son matériel génétique, de son âge, de son mode de vie, des bactéries léguées par sa mère à sa naissance, de la région géographique de naissance et d’habitation… Donc on peut comprendre que la microbiote d’un individu varie toute sa vie en s’adaptant aux nouvelles habitudes alimentaires et aux expériences psychologiques.

La microbiote quand elle est en bonne quantité évite l’installation de bactéries pathogènes. Le système immunitaire peut être influencé par des bactéries intestinales. La microbiote influence notre système immunitaire par sa capacité à inhiber ou activer un processus d’inflammation. Elle est capable de réguler ou d’accentuer la survenue des allergies.

Les émotions impactent sur l’équilibre de notre microbiote pouvant soit la dégrader ou la renforcer. Mais il faut savoir que ce petit monde influe aussi sur qui nous sommes, car notre intestin est capable d’envoyer des messages à notre organisme. De ce fait, cela peut avoir des conséquences à la fois physiques et psychiques. En gros, la microbiote influence tout notre état.

Les messages sont transmis par l’intermédiaire du nerf vague qui est la voie la plus importante des voies reliant le ventre au cerveau (les informations arrivent instantanément). Un intestin qui est en bonne santé utilise le nerf vague et les signaux digestifs qu’ils considèrent comme normaux. Alors qu’un intestin en mauvaise santé utilisera le nerf vague pour informer les cellules neuronales à chaque fois qu’il considère une situation urgente et/ou dangereuse. Cela cause une hyperstimulation de ce nerf et entraîne des états psychiques d’angoisses et d’anxiétés.


Le syndrome du côlon irritable rend le fonctionnement de la communication du nerf vague très aiguisé et laisse alors passer des informations importantes qui ne devraient pas être oubliées. Les messages peuvent aussi passer par le système sanguin qui est un formidable messager transportant des molécules dans tout notre corps. Ou encore, par le système immunitaire ; le ventre est une réserve importante de cellules immunitaires qui peuvent envoyer des signaux.

Le système digestif est responsable de la transformation des aliments et l’extraction des macronutriments (protéines, lipides, glucides) et micronutriments (vitamines, oligoéléments et minéraux) grâce aux différentes étapes de digestion. Chaque étape à un rôle qui ne peut pas être effectuée par une autre. Alors si une étape est difficile toutes les autres le seront.

➢ Etape 1 : La mastication Cette étape, qui est très souvent lésée, est pourtant très importante pour une bonne digestion et assimilation. Elle permet d’activer les glandes salivaires productrices de salive qui scanne le contenu, détecte les macros et micronutriments puis avertit les différentes étages du système digestif. Ne pas bien mâcher, c’est donc ne pas pouvoir assimiler correctement les nutriments et engendre une mauvaise digestion (donc des ballonnements, flatulences et des aigreurs) et parfois même des carences. D’autant plus que les enzymes dans la salive commencent la dégradation des sucres complexes (= bonne digestion des sucres lents).

➢ Etape 2 : La digestion Directement, après la déglutition, notre bouchée se retrouve dans l’estomac pour être brassée, broyée et trempée dans un suc digestif. C’est là que commence le processus de dégradation des protéines et des lipides qui sont détectées par des cellules présentes dans le foie et la vésicule biliaire. Cette étape dure entre 1 heure et 4 heures en fonction de votre nature et du contenu de votre bouchée.

➢ Etape 3 : La digestion et l’assimilation mêlées La bouchée passe par le duodénum et rencontrent les sucs provenant de notre pancréas (ils permettent la dégradation des sucres et s’occupent de la gestion de la glycémie dans le sang). Puis la bile, une poche située à côté du foie digèrent les lipides quand ils arrivent. Vient le rôle de l’intestin grêle, une phase qui dure entre 2 et 4 heures. C’est à partir de ce moment que le travail d’assimilation commence. Les acides aminés, les vitamines, les oligoéléments, les minéraux et le glucose sont happés par les villosités de l’intestin grêle qui les redistribuent ensuite aux différentes cellules et aux systèmes de notre corps. C’est aussi à ce moment-là – et uniquement à ce moment-là – que les sucres simples (rapides) débutent leur dégradation. C’est pourquoi il ne faut pas consommer de fruits pendant le repas (risque de ballonnements et de flatulences).

A SAVOIR : Si on grignote, l’intestin arrête de travailler pour accueillir les nouveaux aliments. Le grignotage ralentit alors le transit et nous fatiguent à cause des nombreuses sollicitations. L’idéal serait de laisser de 3 à 7 heures entre chaque repas.

➢ Etape 4 : L’assimilation et expulsion C’est la dernière étape. Le côlon ou le « gros intestin » finit le travail de l’intestin grêle et assimile les micronutriments restants et régulent le taux hydrique de nos selles (pas très glamour, mais sinon elles seraient liquides). Cette étape dure entre 10 et 18 heures. Le gros intestin a besoin de calme ; les déplacements, le stress, l’angoisse ou la contrariété peuvent ralentir, figer ou au contraire l’emballer (diarrhées).


EN RESUME : 1. La digestion : Première partie du système digestif qui décompose en petits morceaux tous les macros et micronutriments contenus dans le repas. 2. L’assimilation : le système digestif récupère tous les morceaux décomposés pour les envoyer et les répartir dans les différents systèmes et cellules du corps pour fonctionner. Ce sont les deux grandes étapes très importantes de ce long voyage.

Il y à tant à dire sur l’appareil digestif mais je ne pouvais pas tout développer car j’aurais finit par vous endormir mais, il me semblait très important de faire une petite piqûre de rappel sur le fonctionnement de notre appareil digestif, cette incroyable machine. Dans le prochain article, on parlera (encore et encore) du lien crucial entre psychisme et physique qui fait la distinction entre les personnes SII et les personnes atteintes de maux de ventre dû à une mauvaise alimentation.


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