CA Y EST, JE SUIS DEVENU FILLE AU PAIR ( Partie 10 : Les "inconvénients" du métier)





Depuis que je suis partie en Angleterre pour faire fille au pair, j’entends très souvent « Ca va, t’es bien ! », « Tranquille le voyage, tu profites du coup ! », « Ah oui, Baby sitter quoi, ça passe ! ». Oui, je suis bien. Pas tout le temps. Oui, je profite. Ca dépend des jours. Oui, ça passe. Je ne suis pas juste une baby Sitter. Je ne suis pas en vacances. Tout le monde n’a pas la force de partir vivre une aventure comme celle-ci. Quitter ses proches pour aller se perdre dans un village au fin fond de l’Angleterre, garder trois petites filles qui adorent se prendre la tête pour des futilités et ne pas vous écouter, apprendre et comprendre une langue qui n’est pas la vôtre, trouver un job de serveuse quand vous n’avez jamais mis un pied derrière un bar (pas même en France). Vivre dans une famille que vous ne connaissez pas, s’accoutumer à leur routine. Habiter et faire partie de la vie de vos employeurs.

Partir dans un autre pays, c’est faire face à soi-même. Apprendre à vivre et se suffire de soi. C’est se sentir seule très souvent. C’est se rendre compte de toutes nos lacunes et de nos défauts. C’est essayé de faire de son mieux et échouer de nombreuses fois, mais ne pas avoir le droit de baisser les bras. C’est essuyez des moqueries et des larmes. C’est vous sentir seule sans pouvoir être vraiment indépendant. C’est se lever certains matins en vous demandant ce que vous faites ici. C’est être fatiguée après avoir enchaîné votre travail d’au pair et de serveuse, d’avoir fait presque 50 heures en une semaine. S’occuper des enfants de quelqu’un d’autre. Devoir penser à pleins de choses en même temps. S’adapter à des situations que vous n’avez pas voulu. Être prévenue à la dernière minute. Tenter de vous faire comprendre au mieux sans pouvoir y arriver. Devoir tout le temps traduire. S’ennuyer parfois. Vouloir du calme sans vraiment pouvoir l’obtenir. Être toujours à l’affût. Être la plupart du temps gêné de vivre dans une maison qui n’est pas la votre. Devoir demander la permission. Faire de votre mieux pour vous faire entendre et respecter sans pouvoir y parvenir.

J’adore ma vie en Angleterre et je suis très heureuse de vivre cette expérience, mais la vie n’est pas toujours rose. Cette vie me fatigue autant que ma vie d’avant. Peut-être encore plus, car il ne s’agit pas d’une fatigue uniquement physique, mais elle est aussi psychique. Bien sûr, il y à plus de bons côtés que de mauvais, mais il me semble important de vous dire aussi que c’est parfois difficile. On ne peut partir et devenir fille au pair sans savoir ça. Il faut que vous sachiez que c’est un métier comme un autre et que vous ne partez pas en vacances.


J'ai choisi de vivre cette vie là et je ne m'en plains pas mais pour moi, ça me semblait nécessaire de remettre les idées en place de certaines personnes qui pensent que je me tourne les pouces et qu'être fille au pair, c'est un petit job tranquille.

Quand je suis partie en Angleterre, j’ai pensé que je fuyais un peu mes responsabilités. Et c’était peut-être un peu vrai. Mais mes proches m’ont fait comprendre que je n’étais pas ici pour profiter, que je ne perdais pas mon temps et qu’être fille au pair est un vrai travail pas un plaisir (même si j’y prends quand même un peu, bien sûr). Être fille au pair, c’est bien plus qu’une simple belle expérience. Vivez là avec compassion et sans jugement.

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