CA Y EST, JE SUIS DEVENUE FILLE AU PAIR (Partie 7 : Trouver sa place dans la famille)




Cet article semble être assez dur à écrire et pour cause, trouver sa place dans n’importe quelle situation est compliquée. Surtout, quand on est comme moi à avoir besoin de temps. Dans ce genre de situation, je veux dire quand on devient au pair et qu’on doit se créer de nouvelles habitudes et surtout s’adapter à celle des autres, il faut s’y faire vite – et bien-. Aujourd’hui, quand on me pose la question « et ça va, tu arrives à trouver tes marques ? » ou encore, tu n'as pas gêné parfois ? », je ne sais pas quoi réellement répondre. Parce que certaines fois, je me sens à l’aise et d’autres, j’ai juste envie de m’échapper très loin.

Pour moi, c’est une des choses les plus difficiles, d’être moi dès la première fois. En plus, avec la barrière de la langue – même si je me débrouille assez bien – faire des blagues qui se comprennent ou même raconter une histoire devient compliquée. Disputez un enfant quand vous manquez de vocabulaire et tout de suite, vous serez moins crédible – en vérité, on ne vous écoute même pas-.

Je ne suis pas en train de dire que vous n’arriverez jamais à vous faire une place, mais juste que ça peut prendre du temps. Il y à des gens qui savent se placer, d’autres qui attendent d’être placés ; c’est une question de personnalité et de feeling entre l’invité et les hôtes. Parce que quand même, être fille au pair, c’est arriver dans une nouvelle famille et faire comme ci, on avait toujours était là. Ce n’est pas une mince affaire. J’ai eu de la chance de tomber dans un foyer qui me considérait déjà comme la famille avant même que j’arrive. J’ai tout de même dû montrer qui j’étais, m’affirmer peut être un peu.

Sous mes airs de fille sûre d’elle – d’après les rumeurs -, je suis une personne plutôt réservée au premier abord, peut être un peu trop gentille. Comme le dit si bien ma mère, j’ai besoin d’un temps d’adaptation pour comprendre comment ça fonctionne et ce qu’on me demande réellement. J’observe, je questionne et enfin, je me dévoile. C’est, dans certains cas, un défaut parce que je perds mon temps et laisse alors passer certaines bonnes occasions. Mais dans d’autres cas, je peux sentir le désastre arriver et surtout, l’éviter.

Si je me permets de vous dire tout ça, c’est pour vous, tous les timides, ceux qui n’osent pas, qui appréhendent, qui n’en ont pas le courage, qui ne s’en sent pas capables. Pour vous qui êtes comme moi. Pour vous dire si je l’ai fait, vous le ferais. Que peu, importe qui vous êtes, tant que vous le faites avec le cœur, que vous le faites parce que vous aimez ça.

Et puis mine de rien, il faut quand même le dire, vivre chez ses employeurs ça peut aboutir à quelques ambiguïtés, contrariétés ou tensions. Il faut savoir se remettre en tête que même si vous êtes nourris, logés vous partez pour un échange. Vous venez pour garder des enfants, aider des parents en échange de quoi, vous pourrez apprendre une lange MAIS PAS QUE, vous venez pour découvrir un pays, vous faire des amis, progresser dans une activité –tous ce que vous voulez tant que vous le faites pour vous et pas toujours pour la famille qui vous héberge -. Personnellement, c’était très important d’avoir des temps pour moi, en dehors de la maison de pouvoir faire autre chose que mon travail (au fond, je réponds que je suis comme une nounou aux gens qui me demandent, « c’est quoi être fille au pair », être nounou, c’est un vrai métier).

Ce qui reste le plus difficile pour ma part, c’est de réussir à me faire entendre des filles. Me faire comprendre malgré le fait que je n’ai pas toujours les mots et tenter de créer une relation qui soit plus qu’une simple baby-sitter, un peu comme une sœur. Je mentirais si je disais que c’était une situation facile, ça ne l’est pas, mais c’est une très belle expérience. Elle me fait grandir, m’apprend à me débrouiller par moi-même et compter sur moi-même.

Alors, est-ce que j’ai trouvé ma place ? Je ne me sens pas encore capable de répondre à cette question. Je pense que je me suis adaptée et que j’aime le temps que je passe ici, je me sens bien – pour ne pas dire à ma place -. Je mentirais si je disais que c’était une situation facile, ça ne l’est pas, mais c’est une très belle expérience. Tout le monde essaie de faire au mieux pour que je sois à l’aise et je crois que c’est ce qui importe le plus. Se sentir bien et rester soi-même.

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